—Il est encore resté quatre côtelettes. Ponte a dîné dehors.
—Cela va bien.
—Je te les enverrai par Hilaria.
—Non, c’est inutile, je les emporterai bien moi-même. Vous allez voir comme je m’arrange. Je mets le tout dans une assiette et l’assiette dans une serviette... ainsi. Puis je noue les quatre coins....
—Et ce morceau de pâté..., il est magnifique.
—Je l’enveloppe dans un journal et je file, car il se fait tard. Et tous ces fruits, qu’en voulez-vous faire? C’est à peine si l’on a touché à ces pommes et à ces oranges. Passez-les-moi, je vais les mettre dans mon mouchoir.
—Mais, ma pauvre fille, tu vas être chargée comme une bourrique.
—Peu importe!... Il faut maintenant que je m’en aille! Demain je passerai par ici, pour voir comment les choses marchent et pour vous dire ce qu’il faut faire.... Mais, attention! Ne nous endormons point et n’allons pas reprendre nos anciens errements. Parce que, si madame ma belle-mère se dérobe, moi je tourne les épaules et je ne remets plus les pieds ici et vous recommencerez à faire vos bêtises tout à votre aise.
—Non, ma fille, à quoi penses-tu?
—Bien sûr que si cela arrive je ne me mêle plus de rien. Chacun peut manger son pain comme il lui plaît et tout bâton peut porter sa voile. Mais je veux que vous vous conduisiez bien, que vous ne commettiez point d’inconséquences, de façon à ne plus jamais retomber dans les griffes des usuriers, comme vous y êtes actuellement.