—As-tu pris tout ce que je t’ai demandé? demanda la dame en se dirigeant vers la cuisine. As-tu engagé mes deux jupons?

—Certainement. Avec les deux piécettes reçues et les autres que m’a données don Romualdo à cause de sa fête, j’ai pu parer à tout.

—Est-ce que tu as payé l’huile d’hier?

—Cela, non!

—Et le tilleul et la tisane?

—Tout, j’ai tout payé, et, après mes achats, il me reste encore quelque chose pour demain.

—Puisse Dieu nous apporter demain un bon jour, dit, avec une profonde tristesse, la dame en s’asseyant dans la cuisine pendant que la servante, avec une promptitude nerveuse, réunissait étincelles et charbons.

—Ah! madame, tenez-le pour certain.

—Pourquoi tant d’assurance, enfant?

—Parce que je le sais, mon cœur me le dit. Demain sera un bon jour, je dirais presque un grand jour.