—En cosmétique, non..., je vous le jure, répondit Frasquito d’un ton langoureux, les paroles sortant de sa bouche comme si on les lui eût tirées avec un crochet. Je l’ai dépensée..., non pour ce que vous dites...; je désirais me pro... pro... je le dirai bien à la fin... procurer une photo... graphie.»

Il chercha dans la poche de son paletot et d’entre une masse de cartes et de papiers il sortit un portrait photographique, de la dimension d’une carte ordinaire.

«Qui est cette dame? dit la Pitusa, qui la lui prit prestement pour l’examiner.

—Comme elle est belle! Certes elle l’est!...

—Je voudrais, continua Frasquito reprenant haleine à chaque syllabe, démontrer à Obdulia sa parfaite ressemblance avec...

—Ce portrait n’est donc point celui de la petite? dit Benina en le regardant. On retrouve quelque chose dans la coupe du visage; mais ce n’est point tout à fait la même chose.

—Dites-moi, mesdames, si vous ne trouvez pas qu’elles se ressemblent; pour moi elles sont identiques.... L’une comme l’autre sont pareilles à cette photographie.

—Mais, qui est-ce?

—L’impératrice Eugénie.... Mais on ne la vend pas. On ne la trouve que chez Laurent, et il ne la donne pas pour moins d’une piécette.... Obligé de l’acheter, pour démontrer à Obdulia la similitude....

—Don Frasquito, par la Vierge sainte, pensez-vous que nous allons croire cela?.... Dépenser une piécette pour un portrait!»