[Note 53: ][ (retour) ] Maçoudi, le Livre de l'Avertissement, 159-160.

Honéïn traduisit en syriaque les Herméneia d'Aristote, une partie des Analytiques, les livres de la Génération et de la Corruption, de l'Ame, le livre λ' de la Métaphysique, divers commentaires, des ouvrages de Galien et d'Hippocrate, l'Isagoge de Porphyre, la Somme de Nicolas sur la philosophie d'Aristote; en arabe, il traduisit une grande quantité de livres de médecine et de science par Hippocrate, Galien, Archimède, Apollonius et d'autres, et, comme ouvrages philosophiques, la République, les Lois et le Timée de Platon, le commentaire de Thémistius au livre λ' de la Métaphysique d'Aristote, les Catégories, la Physique, la Morale d'Aristote. Il écrivit quelques traités originaux inspirés par ces ouvrages.

Ishâk fils de Honéïn traduisit en arabe le Sophiste de Platon, la Métaphysique d'Aristote, le traité de l'Ame, les Herméneia, le traité de la Génération et de la corruption, avec divers commentaires par Alexandre d'Aphrodise, Porphyre, Thémistius et Ammonius.

Avant ces grands hommes, un bon traducteur nommé Yahya fils du Patrique, affranchi de Mamoun, avait donné une version syriaque des Histoires des animaux d'Aristote et une version arabe du Timée. Les Arabes connaissaient deux Timée de Platon, qu'ils divisaient en plusieurs livres, et l'on ne voit pas très clairement quels ouvrages ils désignaient par là. Ce peut être le Timée, le Timée de Locres et certains commentaires de Galien sur la philosophie de Platon [54]. Ibn Nâimah, chrétien d'Émesse, avait traduit en syriaque le De Sophisticis elenchis, et donné une version arabe du commentaire de Jean Philoponus aux quatre derniers livres de la Physique d'Aristote.

[Note 54: ][ (retour) ] Cf. Wenrich, op. laud., p. 118, et le Livre de l'Avertissement, p. 223, n. 2.

Abou Bichr Matta fils de Younos rendit aussi comme traducteur d'appréciables services. C'était un Nestorien, originaire de Déïr Kana, qui fut élevé par des moines jacobites. Il mourut à Bagdad en 328. On lui doit une édition syriaque du De sophisticis elenchis. Il traduisit du syriaque les Seconds analytiques, la Poétique, le commentaire d'Alexandre d'Aphrodise au livre de la Génération et de la corruption, le commentaire de Thémistius au livre λ' de la Métaphysique. Il se fit lui-même commentateur et il interpréta en arabe les Catégories, le livre du Sens et du sensible, l'Isagoge de Porphyre.

Kosta fils de Louka qui fleurit sous Motasim était encore un syrien chrétien, originaire de Balbek. Il alla étudier en Grèce et y acquit beaucoup de livres. Sa réputation comme savant et traducteur fut considérable. Il traduisit les Vues des philosophes sur la physique, par Plutarque [55].

[Note 55: ][ (retour) ] Barach a publié une traduction latine d'un traité de Differentia spiritus et animæ attribué à Kosta fils de Louka, dans la Bibliotheca Philosophorum mediæ ætatis, t. II, Innsbruck, 1878.

Yahya fils d'Adi de Tekrit, chrétien jacobite, étudia sous la direction du grand musulman Farabi, et s'illustra dans la dialectique. Il fleurit sous le règne de Mouti et mourut en 364. Il perfectionna beaucoup de traductions antérieurement faites; on lui doit des versions des Catégories d'Aristote, avec le commentaire d'Alexandre d'Aphrodise, du De sophisticis elenchis, de la Poétique, de la Métaphysique, des Lois et du Timée de Platon, de l'ouvrage de Théophraste sur les mœurs.

Avec Abou Ali Ysa fils de Zaraah, autre chrétien jacobite, nous atteignons le temps d'Avicenne. Ysa fils de Zaraah mourut en 398. Il traduisit en arabe d'après des versions syriaques antérieures, les Catégories, le De sophisticis elenchis, les Histoires des animaux et le De partibus animalium avec le commentaire de Jean Philoponus. Il fut l'auteur de traités originaux sur la philosophie d'Aristote en général et sur l'Isagoge de Porphyre.