Je renferme beaucoup d'esprit;
Mais qui de me voir se contente
Sans jamais regarder ce que j'ai dans le cœur,
Est sans doute un pauvre docteur.
XIV
L'amour des livres pour les livres, quelque futile et condamnable qu'il puisse-être,—et il s'en faut que cette question soit tranchée,—ne date pas d'hier.
Chez les Grecs, Aristote acheta après la mort de Speusippe, quelques uns de ses livres pour la somme de 72,000 sesterces. Platon acquit le livre de Philolaüs le pythagoricien, d'où il tira le Timée, dit-on, au prix de 10,000 deniers. Sur quoi Aulu-Gelle remarque que les sages méprisent l'argent en comparaison des livres.
Cicéron ne tarit pas sur la joie d'acquérir et de posséder des livres, et de sa correspondance avec son ami Atticus il appert que celui-ci non seulement collectionnait des volumes, mais en faisait commerce. Nil sub sole novum.
C'est Asinius Pollio qui fonda la première bibliothèque publique à Rome; mais les bibliothèques particulières n'étaient pas rares. Sylla en avait une remarquable. «Parmi les trésors que Lucullus rapporta de ses guerres d'Asie, et dont il orna sa maison de Tusculum, dit Géraud dans son Essai sur les Livres dans l'antiquité, il faut compter une précieuse collection de livres qu'il se fit gloire d'augmenter encore et dont il permit le libre accès aux savants et aux littérateurs.»