Et de l'obéissance et de l'humilité,
Et du profond respect où la femme doit être
Pour son mari, son chef, son seigneur et son maître!
Le poète lauréat d'Angleterre, lord Tennyson, parlant, il y a quarante ans, de la vie à deux, disait que la femme devait être à l'homme «comme une musique parfaite adaptée à de nobles paroles», et ajoutait que c'est le rôle de l'homme de commander, et celui de la femme d'obéir. Sur quoi Miss Wedgwood, dans un des journaux de la maison Cassell et Cie, Le Monde de la Femme (The Woman's World, juin 1888), fait cette remarque: «Ce passage assigne sa date au poème. Aujourd'hui, il y a encore des hommes qui commandent et des femmes qui obéissent; mais l'obéissance a cessé d'être l'idéal du mariage.»
Il n'y a qu'à s'en féliciter. Toute sujétion implique contrainte, et toute contrainte d'un être libre implique bassesse, plus encore pour la personne qui l'impose que pour celle qui doit la supporter.
Il n'en est pas moins vrai que la vie à deux crée des devoirs réciproques, diversifiés par la différence des aptitudes et des fonctions dans les deux moitiés de l'unité conjugale, et que l'application à ces devoirs est la condition essentielle du bonheur et de la durée de l'union.
On a dit: «L'homme fait son état, la femme le reçoit.» C'est en effet sur la conduite, les manières, le ton de son mari, qu'une jeune épouse se règle[20].»
Ce sont donc les devoirs du mari qu'il importe de déterminer d'abord. Ces devoirs, selon la juste observation de l'auteur du Code conjugal, «se trouvent écrits en quelque sorte dans la comparaison de sa constitution et de celle de sa femme. La force, la fermeté, le courage, la gravité en sont les principaux caractères. C'est donc à lui à défendre, délibérer, prévoir. Il lui est toujours facile de communiquer de la résolution, de la fermeté à sa compagne, d'étendre ses vues, d'élever ses sentiments, et de la délivrer de ces hésitations, de ces craintes, auxquelles sa constitution plus faible l'assujétit.»
C'est ce que dit, en termes plus généraux et plus poétiques, W. Secker:
«La femme est le trésor du mari, et le mari doit être l'armure de la femme. Dans les ténèbres, il doit être le soleil qui la dirige; dans le danger, le bouclier qui la protège.»