«Qu'il est à plaindre, s'écrie William Cobbett, l'homme qui ne peut pas abandonner tout chez lui, et qui n'est pas bien sûr, bien certain que tout est aussi en sûreté que s'il le tenait dans sa main! Heureux le mari qui s'éloigne de sa maison et de sa famille avec aussi peu d'inquiétude que l'on quitte une auberge, et qui, à son retour, serait plus surpris d'avoir quelque reproche à faire, qu'il ne le serait si le soleil s'arrêtait tout à coup!...» Puis, parlant pour son compte, il ajoute: «J'ai goûté les plaisirs inexprimables du chez-soi et de la famille, et j'ai joui, en même temps, de la parfaite indépendance du célibataire; sans cette indépendance, je n'aurais jamais pu accomplir tant de travaux, car le plus petit souci domestique m'eût enlevé toute mon énergie.»

Telle est la force de la femme dans le monde. Non seulement elle crée et élève les hommes de l'avenir, mais elle complète et arme pour la lutte, en lui assurant la paix du foyer, son mari, l'homme du présent.

CHAPITRE XI

LA FÉE DU FOYER

«Milton, disait quelqu'un au grand poète anglais après son troisième mariage, votre femme a la fraîcheur d'une rose.»—«Il se peut, répondit le pauvre poète, mais je suis aveugle et je n'en sens que les épines.»

Ne recherchons pas si l'odorat manquait comme la vue à l'Homère des puritains. Il suffit de constater que sa femme n'était pas tout à fait une Xantippe et qu'en tant que mari, lui n'était rien moins qu'un Socrate.

L'auteur des Doutes sur différentes opinions reçues dans la société pose ces deux axiomes à double tranchant:

«Quelques femmes ne peuvent réussir à gouverner leurs maris; mais il n'y a pas un mari peut-être qui parvienne à gouverner sa femme...

»On voit un petit nombre de maris faire la félicité de leurs femmes; c'est un phénomène que de rencontrer une femme qui fasse le bonheur de son mari.»