Marcher côte à côte, heureux, sans parler,

A force de vivre à toute heure ensemble,

Vois, ils ont fini par se ressembler.

Descendons comme eux la pente insensible,

Laissons naître et fuir les brèves saisons.

En ne nous quittant que le moins possible,

Nous ne verrons pas que nous vieillissons.

C'est la récompense; on peut la prédire.

Les amants constants gardent, et très tard,

Sur leur lèvre pâle un jeune sourire,