Sa maison l’aspirait comme une église aspire les fidèles, râlait la plus douce musique.
Et, en courant, elle sentit ses pieds et son âme se détacher de la terre.
X
Pendant l’été, le paysage du Béarn se peuple d’incendies. Ce sont quelques-unes de ces innombrables haies qui entourent le moindre champ et plaisent tant aux anglais « estivandiers », quelque lande, ou quelque vieille prairie, qu’on brûle pour les « rafraîchir ».
Parfois, à ces feux d’entretien se mêle l’incendie d’une bonne ferme. Il faut être du pays pour distinguer celui-ci parmi ceux-là. Alors, on accourt des environs, et l’on se presse sur la « basse-cour » du sinistre comme sur un champ de foire.
Aujourd’hui, comme les travaux n’étaient pas en retard, un grand nombre d’hommes et de femmes avaient pu venir lutter contre le feu ou le regarder de près.
Le pailler embrasé venait de choir sur le toit d’où s’échappait déjà une lourde colonne de fumée qui cachait la flamme pudiquement. La réserve de regain brûlait d’un seul coup et se transformait en nuages, lorsque Maïténa entra comme un coin dans l’assemblée.
— Où est le drôle ? demanda-t-elle violemment en essuyant de son tablier son front en sueur.
Une voisine lui montra son fils, un cahier à la main, dans les premiers rangs des spectateurs.
— Je le garde. Ah, pauvre, pourquoi n’avez-vous pas remplacé votre homme ? On ne vous aurait pas fait ça !