— Tu la veux, ta hache ! On va te la rendre ! fit Ourtic.

Il n’avait rien dit, dans le courant de cette journée, de sa dispute de la veille. Maïténa, habituée aux sentiments sous-jacents, ne s’étonna pas ; mais elle s’émut.

— La hache !

Il avait eu tort de parler.

— Eh oui, fit-il d’un ton bonhomme, puisqu’il prétend qu’elle est à lui, il faut la lui rendre !

Elle courait déjà à la pièce des outils, saisissait une vieille hache précieusement, l’emportait dans sa chambre.

Cette hache, en forme d’éventail à demi ouvert, « chaussée » plusieurs fois depuis que Pascal l’avait acquise, était lourde comme il faut.

La femme la regarda avec attendrissement. Elle caressa les empreintes qui pouvaient dater du meurtre de son mari. Elle aurait voulu que son cœur fût aussi dur que cette masse d’acier. Mais, pas plus qu’elle, il n’oublierait.

« C’est tout ce qui me reste de lui ! »

Elle ne pensait pas à son fils, un être vivant, donc très malléable, et qui serait forcément influencé par tant d’autres êtres. Tandis que ceci n’avait qu’un seul souvenir.