MONDOR.

N’aie point peur, chère et malheureuse cousine ! attends un moment que j’aie lu ma lettre ; tu seras contente de moi : tu verras ce que je veux faire pour toi.

LA DEMOISELLE.

Monseigneur ! vous me rendez la vie. O bienheureuse sainte Anne !

LE PÈRE prend la lettre des mains de son fils, et la présentant à Mondor, il lui dit :

Monsieur, à la frayeur de votre cousine, je ne doute pas que vous ne soyez le seigneur de ce château ; et à la pitié que vous lui témoignez, que vous ne soyez son cousin. Cette lettre est à vous. (Mondor la prend, et se retire à l’écart pour la lire.)

ANNE MONDOR.

Ah ! mon Dieu ! je ne sais si je rêve ou si je veille… je me sens beaucoup mieux. Madame, comment ! vous aviez tant d’inquiétude pour votre enfant, et vous vous occupiez de mes malheurs ! C’est un beau garçon, il ressemble à sa sœur et à vous, Madame, comme deux gouttes d’eau… Mais, Madame, nous sommes ici sur le terrain du roi, n’est-ce pas ?

LA MÈRE.

Oui, oui, vous y êtes en sûreté ; soyez tranquille. (A sa fille :) Antoinette, fais donc déjeuner ton frère.