Que la bénédiction de Dieu se répande sur vous ! vous avez mis fin à mes peines. Ah ! puisque vous le permettez, Madame, je viendrai vous revoir bientôt. Que le bon Dieu, que la bonne sainte Anne… (Elle pleure.)

LA MÈRE, émue.

Venez bientôt nous revoir, n’y manquez pas, au moins. Adieu, ma bonne demoiselle.

ANTOINETTE, pleurant.

Adieu, ma chère demoiselle, adieu ; soyez maintenant bien heureuse !

LE PÈRE.

Rentrons, mes enfants ; le soleil fatigue les yeux de votre mère, et la chaleur augmente ; allons travailler à l’ombre des arbres fruitiers dans le verger, sur le bord du ruisseau. Antoinette, remporte tes présents et ceux de ta mère ; ils serviront dans une autre occasion. Allons remercier Dieu de l’heureux commencement de cette journée. Dieu, mes enfants, veut beaucoup de bien aux hommes quand il leur donne l’occasion d’en faire.

LA MÈRE.

Voilà mon songe accompli, et voilà la pierre dont mon fils a tué le hibou niché dans la haie.

Ce pauvre seigneur ! son sort me touche. Le fond de son cœur était bon. Dieu l’a rappelé à lui par le malheur. Quelles grâces n’avons-nous pas à rendre à la Providence ! voyez comme elle nous a ménagé le bonheur d’être utile à sa pauvre cousine, et à lui-même ! Il n’y a que la religion de solide, mes enfants ; tout le reste n’est rien.