Oh ! celui-ci est une production d’une cruelle et absurde philosophie ; c’est une vaine déclamation qui détruit à la fois dans l’homme l’intelligence et le sentiment. Rendez-le-moi, mon fils : il ne sera jamais capable de vous donner des lumières ; il n’est propre qu’à corrompre votre innocence. (A sa cousine :) Allons ; viens, ma cousine ; prenons congé de cette heureuse famille.

ANNE MONDOR.

Et mon pèlerinage à la bonne sainte Anne ?

MONDOR.

Tu mourrais en chemin : nous reviendrons le faire ici à la Saint-Louis. L’acte le plus agréable aux saints, c’est le bien qu’on fait aux malheureux.

LE PÈRE.

Nous vous recevrons de bon cœur, mais il faut venir nous voir auparavant.

MONDOR.

Vous ne sauriez me proposer rien qui me fasse plus de plaisir ; mais je jugerai par celui que vous prendrez à venir chez moi, de celui que vous aurez à me recevoir chez vous. Adieu, couple fortuné ! adieu, beaux et heureux enfants, douce retraite, asile de l’innocence et de la foi conjugale ! adieu !

ANNE MONDOR.