NOTES.

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Danaüs vient d'Égypte chez les Grecs exprès pour leur apprendre à faire des puits, tant la plus belle partie de l'Europe et la première civilisée était encore dans l'enfance. Les Grecs furent si étonnés de voir les filles de Danaüs tirer de l'eau d'un puits sans le vider, qu'ils s'imaginèrent que c'était un tonneau inépuisable, ou que le seau du puits était criblé ; et voilà la fable des Danaïdes. On n'a pas de date de l'arrivée de Danaüs, parce qu'il y a trois mille ans les peuples policés de l'Europe n'avaient pas de chronologie.

Quatre cent cinquante ans avant la fondation de Rome, Minos construisit les premiers bateaux. Dédale, dans le même temps, inventa les outils, l'art du charpentier, et les voiles de vaisseaux, qui passèrent pour des ailes ; de là l'histoire de son fils Icare.

L'art de sculpter commença à Scio 300 ans avant la fondation de Rome. Celui de peindre et de jeter en fonte ne fut inventé que du temps de Phidias, l'an de Rome 308. D'autres arts encore plus utiles avaient une moindre antiquité.

Voyons en quel temps ils ont commencé chez les Romains. Avant Servius Tullius on ne battait point monnaie. Il fut le premier qui en fit frapper de cuivre. C'étaient des as qui pesaient deux livres, comme les pièces de Suède d'aujourd'hui. Ce ne fut que l'an de Rome 585 que l'on battit pour la première fois de la monnaie d'argent, et ce ne fut qu'en 647 que l'on frappa de la monnaie d'or[12]. On ne vécut à Rome que de bouillie ou de fromentée jusqu'à l'année 580, où pour la première fois les boulangers et les médecins grecs vinrent s'établir à Rome.

[12] Depuis les Romains, on a imaginé de la monnaie de papier. Comme on voit, tout se perfectionne. J'ai perdu, sur cette perfection de l'art, trente-trois pour cent. Je ne sais pas si les autres arts font d'aussi grands progrès.

L'agriculture n'était pas plus avancée. Les Grecs avaient tiré la vigne de l'Asie, selon Plutarque. Elle passa ensuite chez les Latins ; mais le vin était si rare sous Numa, qu'il défendit qu'on en arrosât les bûchers des funérailles. Lucius Papinianus, général contre les Samnites, fit vœu d'en offrir un petit gobelet à Jupiter s'il gagnait la bataille : tant le vin alors était rare, dit Pline.

Selon Fenestella, l'an de Rome 183, il n'y avait point d'oliviers en Italie, en Espagne, ni en Afrique. Pline dit qu'en 440 il n'y avait d'oliviers en Italie qu'à 40 milles de la mer, et que l'huile ne devint commune qu'en 690 : mais sous Caton on n'avait pas encore imaginé d'exprimer de l'huile d'autres graines que de l'olive.

Quant aux légumes, les Romains tirèrent les échalottes, ou ascalonites, d'Ascalon en Judée ; les oignons, et la chicorée dont le nom chicorium est égyptien, de Chypre et d'Égypte ; la menthe et cinq sortes de navets, de Grèce ; la poirée blanche, de Sicile ; les choux, de Naples ; les cardons, de Carthage ; le chervi ou carvi, de Carie ; les melons de Lacédémone et de Béotie.