Ils avaient importé de même la plupart de leurs arbres fruitiers des pieds plus orientaux : les figuiers, des environs de Troie, d'Hyrcanie et de Syrie ; les citronniers, de la Médie ; les noyers et les pêchers, de la Perse ; le néflier, le cognassier, le cyprès et le plane, de Crète ; le châtaignier, de Sardaigne ; le myrte, de la Grèce ; les lauriers, de Delphes et de Chypre ; les grenadiers, d'Afrique ; beaucoup d'espèce de pommiers et de poiriers, du royaume d'Epire. Les pruniers, du temps de Caton, étaient fort rares : ceux que nous appelons de Damas, venaient d'Arménie. De son temps, il n'y avait point d'amandiers en Italie. Les avelines vinrent à Rome du royaume de Pont, d'où Lucullus apporta aussi les cerises ; les pistaches furent apportées de Syrie par Vitellius, et les jujubes, par le consul Papinianus, sous Auguste.

Les Gaulois ont tiré de l'Italie leurs arts et leurs végétaux. De quoi vivaient-ils donc quand les Romains n'avaient encore ni légumes, ni fruits, ni pain, ni vin, ni argent, ni industrie? S'ils vivaient en peuples pasteurs, ils n'étaient pas nombreux. Et qu'étaient-ce alors que les nations du Nord? Celles qui firent une incursion en Italie du temps de Marius, étaient probablement des nations errantes comme celles du Canada. Les Scythes les chassaient vers l'occident et vers le midi.

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Les jeunes filles chantaient à Rome, dans les jeux séculaires :

Ritè maturos aperire partus

Lenis Ilithyia, tuere matres,

Sive tu Lucina probas vocari,

Seu Genitalis ;

Diva, producas sobolem, Patrumque

Prosperes decreta super jugandis