Il étoit poëte, chimiste, médecin, philosophe, grammairien, mathématicien. Ses ouvrages, dont nous avons un grand nombre, sont presque tous ou romanesques ou chimiques, ou tous les deux, tel que son Voyage des Princes Fortunés, livre ennuyeux à la mort, au chapitre près qui contient l'histoire du roi Eufrantis, & de son favori Spanio. On la peut voir toute entiere, dans les remarques de Sorel, sur le Xe. livre de son Berger Extravagant. Claude Barthelemi Morisot, avocat au Parlement de Dijon, l'a mise en latin, en ayant seulement changé les noms, & l'a insérée dans son Veritatis lacrima, petite satire que les jésuites, qu'il y maltraitoit, firent brûler publiquement à Dijon, par arrêt du même parlement, le 4 Juillet 1625. On dit que, ce Voyage des Princes Fortunés n'ayant point eu de débit, Verville composa, pour dédommager son libraire, le Moyen de Parvenir, dont il s'est fait des éditions sans nombre. Le titre seul excitoit la curiosité. C'est assurément un livre singulier. L'auteur y paroît fort désabusé de la pierre philosophale, dont il avoit été long-tems entêté. Pour sa religion, l'on ne peut douter qu'étant fils d'un ministre de Genêve, il n'ait été élevé dans la prétendue réformée. De huguenot, après la mort de son pere, il se fit catholique: mais à en juger par son Moyen de Parvenir; qui fut un de ses derniers ouvrages, il est aisé de voir que, s'y moquant comme des Catholiques & des Huguenots, il n'étoit ni l'un ni l'autre.

Sa retraite à Tours, où apparemment il est mort, l'a fait mettre par l'abbé de Maroles, page 255. de la partie de ses Mémoires, au nombre des illustres Tourangeaux. Le même abbé lui donne pour compagnon de poésie enjouée, le nommé Gui de Tours, qui en effet s'appliqua peu de tems après que le Moyen de Parvenir eut paru, à en tourner quelques contes en vers françois. Ce sont des manieres d'épigrammes. Je les ai vues, rien n'est plus sec.

SOMMAIRE
DES CHAPITRES.

TOME PREMIER.

[I.] Qui sert d'exorde à ce discours clair & intelligible, intitulé: Moyen de Parvenir; satyrise les géometres, les géographes & les chronologues; prépare le lecteur à l'assemblée de ces illustres fous, qui, de section en section, donneront de plus en plus des preuves de leur folie stéganographique. Les interlocuteurs s'engagent à se revoir chez le bonhomme, pour y faire festin. Invective contre ceux qui donnent légérement leur parole.

Guillaume qui fait jurer pour lui, Page [3].

Honnête démenti de Coguerean, p. [4].

Seigneur de paroisse qui ne refuse rien, p. [5].

[II.] Satyre contre les grammairiens latins, si hérissés par-tout qu'on ne peut en aborder, sans être sûr d'être déchiré par l'épine; & contre les pindariseurs de la langue françoise.

L'assesseur pindarisant, p. [6].