(104) Ce n'est pas de cette sorte que l'Écriture, qui connoît mieux que nous les choses qui sont de Dieu, en parle.
Et qu'est-ce donc que le Cœli enarrant gloriam Dei? V.
(105) Lorsque j'ai considéré d'où vient qu'on ajoute tant de foi à tant d'imposteurs, etc., et tout le reste de ce long paragraphe.
La solution de ce problème est bien aisée. On vit des effets physiques extraordinaires; des fripons les firent passer pour des miracles. On vit des maladies augmenter dans la pleine lune; et des sots crurent que la fièvre étoit plus forte, parce que la lune étoit pleine. Un malade, qui devoit guérir, se trouva mieux le lendemain qu'il eut mangé des écrevisses; et on conclut que les écrevisses purifioient le sang, parce qu'elles sont rouges étant cuites.
Il me semble que la nature humaine n'a pas besoin du vrai pour tomber dans le faux. On a imputé mille fausses influences à la lune, avant qu'on imaginât le moindre rapport véritable avec le flux de la mer. Le premier homme qui a été malade a cru sans peine le premier charlatan; personne n'a vu de loups garoux ni de sorciers, et beaucoup y ont cru; personne n'a vu de transmutation de métaux, et plusieurs ont été ruinés par la créance de la pierre philosophale; les Romains, les Grecs, les païens, ne croyoient-ils donc aux miracles dont ils étoient inondés que parce qu'ils en avoient vu de véritables? V.
(106) Commencez par plaindre les incrédules; ils sont assez malheureux. Il ne les faudroit injurier qu'en cas que cela servît; mais cela leur nuit.
Et vous les avez injuriés sans cesse. Vous les avez traités comme des jésuites! Et en leur disant tant d'injures, vous convenez que les vrais chrétiens ne peuvent rendre raison de leur religion; que, s'ils la prouvoient, ils ne tiendroient point parole; que leur religion est une sottise; que, si elle est vraie, c'est parce qu'elle est une sottise. O profondeur d'absurdités! V.
(107) A ceux qui ont de la répugnance pour la religion, il faut commencer par leur montrer qu'elle n'est pas contraire à la raison.
Ne voyez-vous pas, ô Pascal! que vous êtes un homme de parti qui cherchez à faire des recrues? V.
(108) De se tromper en croyant vraie la religion chrétienne, il n'y a pas grand'chose à perdre: mais quel malheur de se tromper en la croyant fausse!
Le flamen de Jupiter, les prêtres de Cybèle, ceux d'Isis, en disoient autant. Le muphti, le grand-lama, en disent autant. Il faut donc examiner les pièces du procès. V.