(114) S'il ne falloit rien faire que pour le certain, etc.

Vous avez épuisé votre esprit en arguments pour nous prouver que votre religion est certaine, et maintenant vous nous assurez qu'elle n'est pas certaine; et après vous être si étrangement contredit, vous revenez sur vos pas; vous dites qu'on ne peut avancer «qu'il soit possible que la religion chrétienne soit fausse.» Cependant c'est vous-même qui venez de nous dire qu'il est possible qu'elle soit fausse, puisque vous avez déclaré qu'elle est incertaine. V.

(115) Les inventions des hommes, etc.

Je voudrois qu'on examinât quel siècle a été le plus fécond en crimes, et par conséquent en malheurs. L'auteur de la félicité publique a eu cet objet en vue, et a dit des choses bien vraies et bien utiles. V.

(116) Il faut avoir une pensée de derrière, etc.

Sur un autre papier, Pascal avoit écrit: J'aurai aussi mes pensées de derrière la tête. C.

L'auteur de l'Éloge est bien discret, bien retenu, de garder le silence sur ces pensées de derrière. Pascal et Arnauld l'auroient-ils gardé, s'ils avoient trouvé cette maxime dans les papiers d'un jésuite? V.

[1]: Dans une note à ce sujet, j'ai déjà essayé d'interpréter l'intention de Pascal. J'ajouterai ici que peut-être il n'a voulu qu'imiter le langage des auteurs sacrés, qui, sans prétendre rien décider sur ce point, parlent suivant l'opinion commune des hommes, pour être également entendus de tous. (Note de l'Éditeur.)

[2]: Il est vrai que dans les mouvements subits des grandes passions, on sent vers la poitrine des convulsions, des défaillances, des agonies, qui ont quelquefois causé la mort; et c'est ce qui fait que presque toute l'antiquité imagina une âme dans la poitrine. Les médecins placèrent les passions dans le foie. Les romanciers ont mis l'amour dans le cœur. V.

[3]: C'est apparemment dans le paragraphe où M. de V.... s'étonne, avec juste raison, qu'un homme tel que Pascal ait pu dire: «Nous sommes incapables de connoître si Dieu est». Ce ne peut être qu'une inadvertance dans ce grand homme[a].

[a]: Ce n'est point une inadvertance. Pascal, comme nous l'avons dit, n'écrivoit ses pensées que pour lui. Si Voltaire et Condorcet avoient saisi l'idée du dialogue contenu dans cet article III de la seconde partie, ils n'auroient pas pris le change sur les propositions que l'auteur y met en avant. (Note de l'Éditeur.)