[757] C’est un conte qui se trouve au livre 2 du Cortegiano de Baltazar de Castiglione. Un gentilhomme, à qui ce singe appartenait, jouant un jour contre lui aux échecs, en présence du roi de Portugal, perdit la partie; ce qui le mit si fort en colère, qu’ayant pris une pièce des échecs, il en donna un grand coup sur la tête du singe. L’animal, se sentant frappé, fit un cri; et se retirant dans un coin, semblait, en remuant les babines, demander au roi justice de l’injure qui lui avait été faite. A quelque temps de là, son maître, pour faire la paix, lui demanda revanche: le singe se fit beaucoup prier pour y consentir; enfin il se remit au jeu, où il ne manqua pas, de même que la première fois, d’avoir bientôt l’avantage. Mais, jugeant à propos de prendre ses sûretés, il saisit de la main droite un coussin et s’en couvrit la tête pour parer le coup qu’il appréhendait de recevoir, tandis que de la main gauche il donnait échec et mat au gentilhomme; après quoi, il alla gaillardement faire un saut devant le roi en signe de victoire.
[758] Exalter.
[759] Oppien, livre II de la Chasse, attribue aux éléphans un langage articulé semblable à la voix humaine; et Christophe Acosta dit à peu près la même chose des éléphans du Malabar. Il cite même l’exemple d’un de ces animaux, qui fut requis par le gouverneur de la ville de Cochin de prêter son concours à la mise à flot d’une galiote du roi de Portugal, et qui répondit très à propos et très-intelligiblement: Hoo, hoo; ce qui, dans la langue du pays, signifiait qu’il le voulait bien.
[760] Hygin, dans son poème astronomique, livre II, chap. 23, raconte que l’âne sur lequel Bacchus passa certain marais de Thesprotie reçut, en récompense de ce service, le don de la parole.
[761] Il semble que cela regarde Guilio Camillo Delminio, inventeur d’une mnémonique à l’aide de laquelle il se faisoit fort, dans l’espace de trois mois, de rendre un homme capable de traiter en latin quelque matière que ce fût, avec toute l’éloquence de Cicéron. François Ier, auprès de qui, en 1533, il trouva moyen d’avoir accès, lui fit donner six cents écus et le chargea de rédiger son invention par écrit; ce que Jules, mort en 1544, n’a exécuté que fort imparfaitement dans deux petits traités assez confus qu’il a laissés, l’un intitulé Idea del theatro, l’autre Discorso in materia di esso theatro. Étienne Dolet, dans ses lettres et dans ses poésies, a parlé de cet Italien comme d’un escroc qui avait pris le roi pour dupe.
[762] Jeu de mots sur mine, figure, air d’une personne, et mine, mesure de grains contenant six boisseaux de Paris.
[763] Occupé autour du singe.
[764] Ce fut vers la fin du règne de François Ier et après le mariage de Catherine de Médicis avec le dauphin, depuis roi de France sous le nom de Henri II.
[765] Instruction de singe. Mot fait à l’imitation de cyropédie, instruction de Cyrus. La Monnoye fait observer que le mot de cyropédie ayant été créé par Jacques des comtes de Vintimille, traducteur de l’Institution de Cyrus par Xénophon, et cette traduction n’ayant été imprimée pour la première fois qu’en 1547, on peut juger que Bonaventure Des Periers, mort avant 1544, n’a pu prendre cyropédie pour le modèle de singéopédie.
[766] C’est la morale de la fable de La Fontaine.