— Oui, Gladys me l’a dit. Comment allez-vous ?

Il parlait très lentement, avec difficulté.

— Bien. Gladys reviendra vous voir ; moi, je suis encore un peu fatiguée, je ne resterai pas longtemps aujourd’hui.

Mme Caulfield et sa fille parties, Mme Hurstmonceaux s’empressa de retourner auprès du colonel pour lui chanter les louanges de sa famille.

— Mme Caulfield est délicieuse ; sa fille est très bien, mais pas aussi jolie que Sylvaine. Mme Caulfield m’a fait tant de compliments sur Sylvaine ; et puis, j’ai vu qu’elle appréciait beaucoup ma conduite à l’égard de votre nièce. Certainement, c’est un bonheur pour elle d’être avec nous ; elle eût eu une bien pauvre destinée en France. Votre sœur serait bien heureuse, j’en suis sûre, si elle pouvait savoir…

— Sylvaine mérite tout, dit son oncle.

— Certainement, c’est une très bonne enfant ; si elle avait un peu de la gaieté de son cousin…

Mais le colonel ne l’écoutait plus, perdu dans les méditations taciturnes où son cerveau fatigué s’abîmait constamment. Mme Hurstmonceaux s’en aperçut, n’insista pas, et le remit officiellement aux mains de nurse Rice.

— La visite de nos cousines l’a un peu fatigué, je crains.

— Il faut du calme au colonel, énonça sévèrement nurse Rice.