Mme Caulfield trouvait Mme Hurstmonceaux une excellente personne très calomniée, et se félicitait de sa démarche. Au bout de vingt minutes, elle demanda aimablement à être menée au colonel Hurstmonceaux.

— Je vais vous conduire moi-même, s’empressa de dire Mme Hurstmonceaux. Les jeunes filles feront peut-être mieux de nous attendre ici ; je crains que de voir tant de personnes à la fois ne soit au-dessus des forces de mon mari.

Et Mme Hurstmonceaux, parlant plus haut que jamais, précéda Mme Caulfield dans l’escalier. En ouvrant la porte du colonel, elle annonça d’un accent triomphant :

— Votre cousine, Mme Caulfield, mon cher colonel ; nous avons laissé les jeunes filles en haut.

Le visage terne s’était éclairé. Mme Caulfield, gracieuse et douce, s’était avancée vers le fauteuil articulé que Mme Hurstmonceaux manipulait d’un geste autoritaire, et, se penchant, elle avait baisé le malade au front.

Tout tremblant, il avait dit :

— Est-ce vous, Edith ?

— Oui, mon cher Robert, et Kathleen est en haut avec cette chère Sylvaine. Quand vous allez être à Reigate, nous irons vous voir très souvent.

— J’ai invité miss Caulfield à faire une visite à Sylvaine, ajouta Mme Hurstmonceaux.

— C’est si amical de la part de votre femme, dit gracieusement Mme Caulfield. Vous savez, Robert, que si je ne suis pas venue plus tôt, c’est que j’ai été malade.