— Oui, oui, vous avez raison, ce sont les circonstances ; aussi j’ai été charmée du voyage d’Albéric ; il est si gai ! Vous avez trouvé mon neveu aimable, j’en suis sûre.
Mme Caulfield fut d’accord sur les agréments d’Albéric, et l’entretien des deux femmes se continua cordialement. Kathleen et Sylvaine, de leur côté, causaient ensemble à demi-voix ; Kathleen interrogeait sa jeune cousine sur le prochain séjour à Reigate.
— Oh ! miss Caulfield, s’écria Mme Hurstmonceaux qui l’entendait, vous devriez aller faire une visite à Sylvaine quand ils seront installés. Moi, je trouve cet arrangement très triste pour elle ; mais c’est elle qui l’a choisi, n’est-ce pas, Beauté ? Je voulais vous emmener à Marienbad avec moi, et ensuite à Lucerne. Nous avons une nurse si capable que nous aurions pu nous absenter en toute tranquillité ; Sylvaine s’est mis en tête de rester avec son oncle, et je ne veux pas la contrarier ; elle fait tout ce qu’elle veut, je vous assure. Elle m’a dit qu’elle vous aimait beaucoup, miss Caulfield, et cela ne m’étonne pas ; aussi je suis certaine que votre visite lui ferait grand plaisir. Sylvaine, invitez votre cousine à passer quinze jours à Reigate, si cela lui est agréable.
Sylvaine remercia, et Kathleen accepta sans hésitation.
— Je profiterai de votre permission, et assurément j’irai faire une visite à Sylvaine.
— Eh bien ! voilà qui me tranquillise, car j’étais inquiète.
Et se tournant, cordiale, vers Mme Caulfield :
— Voulez-vous me permettre de vous recommander Sylvaine ?
Et baissant la voix :
— Elle fait tant de peine, pauvre enfant ; j’ai été si heureuse de la prendre, et, comme ma nièce, j’espère qu’elle n’aura pas à se plaindre.