Sylvaine, qui crut que Nelly en avait besoin, se hâta de répondre affirmativement, ajoutant qu’ils lui étaient inutiles.

— Parfait. Alors vous venez avec moi.

— Moi ! C’est impossible.

— Et pourquoi, je vous prie ? Vous n’éprouvez, je pense, aucune objection personnelle à aller en France ?

— Assurément, dit Sylvaine, moitié pleurant, moitié riant.

— Mais il vous faut une permission, n’est-ce pas ? Nous allons sans peine obtenir celle du colonel Hurstmonceaux, et elle doit suffire à votre conscience. Je vais en causer avec nurse Rice.

L’entretien eut lieu sur l’heure et fut éminemment satisfaisant. Le colonel, ahuri, mais dominé entièrement par son impérieuse nurse, parut comprendre et approuver l’idée d’un petit changement pour Sylvaine. Miss Holt, admise en sa présence, le remercia avec beaucoup de bonne grâce, et lui répéta à plusieurs reprises qu’au bout de huit jours elle lui ramènerait Sylvaine. Nurse Rice réitéra l’engagement pris, et, en fin de compte, Sylvaine, tout étourdie, très effrayée de ce qu’elle faisait, hâta ses simples préparatifs de départ. Le lendemain matin, elle prenait la route de Newhaven et le soir, pouvant à peine en croire ses yeux, débarquait à la gare de l’Ouest où, à la descente du train, Albéric les attendait.

Miss Holt se mit à rire triomphalement à la surprise de Sylvaine.

— C’est moi qui lui ai télégraphié, il va m’être très utile.

XXVII