— J’y crois tout à fait.
— Là, vous êtes un homme exquis, monsieur Mar, et je vous gagne…
Puis, mise en belle humeur par son succès, Mme Hurstmonceaux se dirigea vers le salon du fond, où sur une table étaient les rafraîchissements. On y faisait une grande consommation de champagne et de boissons compliquées que lady Longarey ne dédaignait pas quelquefois de composer elle-même, de l’air dont elle aurait assemblé les matériaux d’une thériaque précieuse. Mme Hurstmonceaux trouvait nécessaire à sa santé de boire plusieurs verres de champagne par soirée, et le colonel Cecil Blunt lui offrit immédiatement de lui en servir un. Elle accepta ; il s’en versa autant lui-même ; puis, levant sa coupe, il dit à Mme Hurstmonceaux :
— A la santé de votre jolie nièce !
Flattée de l’attention, elle répondit de sa voix sonore :
— A la santé de ma nièce !
Alors ce fut des différents coins du salon comme une fusée…
— La santé de la nièce ! Hip ! hip ! pour la jolie nièce de Mme Hurstmonceaux !
Et dans un mouvement d’enthousiasme les verres de champagne s’élevèrent.