— J’en étais sûr ; vous avez comme toujours beaucoup de bon sens et d’indulgence. Je crois que Mme Gascoyne a le sentiment d’avoir été un peu ridicule à votre égard ; seulement, on n’aime point à avouer ces choses-là. Elle vous donne le beau rôle ; en ne vous occupant pas d’elle, vous lui ferez comprendre ses torts.

Mme Hurstmonceaux se sentit flattée.

— Vous comprenez bien, dit-elle, que personnellement Mme Gascoyne m’est tout à fait indifférente. Je vous assure que si elle a envie de voir mon mari, je n’y aurai aucune objection.

— Vraiment, vous agissez d’une façon très correcte, madame Hurstmonceaux. Mme Gascoyne ne pourra pas manquer de s’en apercevoir.

— J’avertirai Sylvaine de prier Mme Gascoyne de venir si cela lui est agréable. Dieu merci, ma maison est assez grande pour qu’il soit facile de ne pas me gêner. J’ai suffisamment d’amis à moi, je me moque bien de l’ennuyeuse famille du colonel.

— Vous n’en avez aucun besoin. Je reconnais que Mme Gascoyne n’est pas amusante du tout ; mais il est indiqué que Sylvaine soit en bons rapports avec elle.

— Certainement, certainement, elle en aura toute liberté.

— Est-ce que je ne verrai pas miss Charmoy aujourd’hui ?

— Comment donc ? Je vais la faire prévenir ; elle est auprès de son oncle, elle lui fait la lecture du journal. Il est si exigeant qu’il ne veut écouter ni sa nurse qui lit en perfection, ni Forster ; il prétend qu’il n’y a que la voix de Sylvaine qui n’irrite pas ses nerfs.

— Peut-il me recevoir ?