— Non, je vous attendais.

— Eh bien ! ma chère, écrivez-lui tout de suite. Je vous donnerai le coupé pour vous conduire.

— Ce n’est pas nécessaire.

— Comment donc ? Vous ne pensez pas que ma nièce ait besoin d’aller en fiacre ; vous aurez le coupé ; inutile de discuter.

— Je vous remercie, tante Anna.

Dans le courant de la soirée qu’elle passa chez lady Longarey, Mme Hurstmonceaux trouva plusieurs fois l’occasion de placer le nom de Mme Gascoyne : elle ne doutait plus d’entrer prochainement en relations avec cette personne inaccessible. Elle se demandait même s’il ne convenait pas qu’elle fît les premiers pas.

Dans la matinée du lendemain, Rakewood, qui était partout sur un pied d’intimité, vint à Portman-Square. Mme Hurstmonceaux s’empressa de l’informer de l’événement qui occupait sa pensée :

— Sylvaine va aujourd’hui même chez Mme Gascoyne.

— Je sais. Mme Gascoyne en a causé avec moi hier ; elle craignait de vous paraître indiscrète en venant pour Sylvaine. Je l’ai assurée que vous ne seriez pas formalisée.

— Du tout. Je veux que Sylvaine soit tout à fait libre ; Mme Gascoyne sera la bienvenue chez moi quand il lui plaira.