Et de sa voix douce, le visage attentif, Mme Gascoyne fit subir à Sylvaine un véritable interrogatoire. Sylvaine y répondait avec une simplicité d’enfant. Mme Gascoyne, de ses beaux grands yeux un peu à fleur de tête, la regardait avec une expression de réel intérêt. Elle la questionna sur tous ses goûts : aimait-elle les jardins, les animaux, les chiens, les oiseaux ?
Mme Gascoyne avait à son côté un griffon bien-aimé dont elle fit les honneurs ; et comme Sylvaine le caressait et l’admirait, elle lui dit :
— Si cela vous fait plaisir d’avoir un chien, on vous en trouvera un. Vous me paraissez plutôt solitaire… Comment ! quand Mme Hurstmonceaux dîne dehors, vous êtes seule à table ?
— Oui, depuis la maladie de mon oncle Robert.
— Tout ceci est fort mal combiné. Je causerai avec votre oncle. Demandez-lui quand il veut me recevoir. Pense-t-il un peu à son âme ? Je prierai le père Carr de l’aller voir.
— Je n’en sais rien, je n’ose pas lui parler de ces choses.
— Mais vous ? Vous y songez ?
— Oh ! oui.
— Vous avez l’air d’une excellente enfant ; on voit que vous avez été élevée par une vraie Hurstmonceaux. Vous pouvez compter sur mon amitié.
Sylvaine rougit de plaisir.