— Oui, mais ce n’est pas tout. Ecoutez encore, femme compatissante ; j’ai besoin d’être consolé, et je veux aller voir Sylvaine, il n’y a que Sylvaine qui me remette dans mon aplomb. Ainsi l’année dernière, après ma rupture avec Sémiramis…
— Sémiramis ?…
— Oui, on l’appelle comme ça ; je serais tombé malade d’ennui sans Sylvaine. Voyez-vous, madame Delaroute, l’oisiveté du cœur me pèse.
— Eh bien ! allez voir Sylvaine, je crois que vous lui ferez bien plaisir. Le colonel Hurstmonceaux est malade, vous savez.
— Oui, et je m’en moque. Seulement, chère madame Delaroute, à la suite des événements que je viens de vous révéler, je n’ai plus le sou. Avez-vous cent francs à me prêter ?
— Moi ? Jamais ! Mais peut-être André.
— Pour sûr André, il est économe. Comment fait-on pour être économe ? J’ai pourtant eu de beaux exemples sous les yeux, mon honorée belle-mère en particulier. Je lui avais écrit au sujet d’une petite avance (sans lui en donner la raison) ; elle se dérobe honteusement.
— Eh bien ! quand André va rentrer, on verra ce qui est possible.
— Une fois à Londres, je me laisse nourrir par ma famille, car c’est ma famille, ces richards, et puis je me rends compte de ce qu’ils ont fait de Sylvaine. Ça ne me va pas, madame Delaroute, de la sentir si loin.
— Ni à moi non plus, je vous assure.