— Dépêchez-vous d’avertir miss Charmoy. Et Albéric, rassuré, s’avança dans le vestibule.

— Quel nom ?

La porte d’entrée avait été refermée derrière lui et une autre porte ouverte par un fonctionnaire en habit noir.

— Si vous voulez bien entrer, monsieur. Votre carte, s’il vous plaît ?

Albéric en trouva une avec peine, et griffonna au-dessous de son nom : « C’est moi », en caractères énormes.

On le laissa seul, et il regarda autour de lui. Il se trouvait dans l’imposante salle à manger, et l’examina avec satisfaction en se disant qu’on devait y faire de bons repas. Ses réflexions ne furent pas longues. Il entendit des pas rapides, brusquement la porte s’ouvrit et Sylvaine fut dans ses bras à l’ébahissement extrême du footman, témoin involontaire de cette expansion.

— Hein ? ma fille, j’en ai eu une idée, dit Albéric en l’embrassant. Dame ! tout à l’heure quand j’ai cru que tu n’étais pas là, j’ai été plutôt bête…

Sylvaine, toute pâle, riait, mais il y avait des larmes dans ses yeux.

— Dieu ! que je suis contente de te voir, Albéric. Qu’est-il arrivé ? Qu’est-ce qui t’amène ? Dis-le vite.

— Mais je suis venu pour toi, j’ai jugé que tu devais t’embêter… Dis vrai, tu ne te plais pas ici ?