ÉTIENNETTE. — Non, puisqu’elle l’épouse : il a de la chance ! six cent mille francs, et je lui ai entendu dire qu’elle ne voulait pas avoir d’enfants.
SUZANNE. — C’est ça qui m’intrigue.
ÉTIENNETTE. — Moi aussi ; mais ça se peut, est-ce qu’on ne dit pas tous les jours : « Ils ne veulent plus avoir d’enfants », moi au contraire j’en veux six.
ANDRÉE. — C’est de la folie furieuse ; Blanche a bien raison : on est belle quand on a eu six enfants !
ÉTIENNETTE. — C’est ça qui m’est égal, c’est une fameuse avance d’être jolie, pour qui ? pour ces pinsons-là, pour un Fossi qui demande les héritières l’une après l’autre.
MADELEINE. — Je suis anéantie ! moi qui croyais qu’il dépérissait, il me pousse toujours dans les coins pour me dire qu’il n’aime que moi.
SUZANNE. — J’ai la même faveur, tiens, il nous regarde ; dis donc, Andrée, tu l’aimes, toi ?
ANDRÉE. — Oui, tout le temps d’un cotillon, mais pour la vie son bicorne ne suffit pas et il n’a que cela.
MADELEINE. — Alors de quoi vit-il ?
ANDRÉE. — Il fait quelque chose à la Bourse ! aussi il faut le voir devant papa, papa a défendu à maman de le recevoir, on l’invite à déjeuner les jours que nous sommes seules.