ÉTIENNETTE. — Quelle chance j’ai d’être sans le sou, il ne m’a pas demandée, moi, je vous en réponds.
SUZANNE. — Ah ! c’est exquis ; voyons, établissons les faits ! toi, Madeleine, quand ?
MADELEINE. — Janvier.
SUZANNE. — Après moi, alors, mais c’est trop joli, a-t-il du goût au moins, le cher garçon ! et toi, Andrée, quand a-t-il daigné jeter les yeux sur toi ?
ANDRÉE. — Oh ! moi, je devais être le prix de consolation, c’est à Pâques.
ÉTIENNETTE. — Quel malheur qu’il ne soit pas mariable ! Pauvre Fossi, vrai, il est bien malheureux !
MADELEINE. — Il était si attendrissant avec son joli habit mauve au bal Auquetin, il me parlait de ses sentiments d’une façon déchirante, pendant que je mangeais du chaufroid ; je me donnais des forces, même que la grosse mère Auquetin me regardait avec ses yeux en boule de loto.
ANDRÉE. — Et son petit bicorne ! son cher petit bicorne ! J’ai eu un coup pour Fossi, son chapeau m’avait donné dans l’œil.
ÉTIENNETTE. — Moi, je ne les aime qu’en habit rouge, c’est à se dégoûter de se marier de les voir en habit noir ; du reste, vous savez, la victime d’aujourd’hui a une passion pour moi.
SUZANNE. — Pauvre Blanche, alors !