II

MADELEINE, SUZANNE, ANDRÉE, ÉTIENNETTE, à un lunch, après une messe de mariage, elles sont très gaies, et se tiennent ensemble, passant en revue ceux qui arrivent au buffet.

MADELEINE. Robe de soie vert céladon, manches énormes, tulle blanc autour du cou, grand chapeau de velours noir.

SUZANNE. Toilette tailleur en drap tourterelle, empiècement de drap blanc, manches tailladées, toque assortie, beaucoup de poudre sur le visage, cheveux lavés.

ANDRÉE. Robe en soie changeante, ruches découpées dans le bas, fichu blanc noué négligemment ; elle embaume l’héliotrope.

ÉTIENNETTE. Jolie comme un ange, robe de foulard rouge gris, qui a vu une saison.

MADELEINE. — Tenez, regardez donc dans le salon là-bas, voilà deux de mes prétendants, lequel vous déplaît le plus ?

SUZANNE. — Qui ça, tes prétendants ?

MADELEINE. — Fossi et Marigot qui passent là-bas, sont-ils assez jolis !

SUZANNE. — Comment, Fossi t’a demandée en mariage ?

MADELEINE. — Un peu, et deux fois, il m’aime, cet homme.

SUZANNE. — Eh bien alors, moi aussi !

ANDRÉE. — Et moi aussi !

MADELEINE. — Ah ! elle est raide celle-là ! — Comment ! il vous a demandées toutes les deux !