NOVION. — Et, le cœur content, le pauvre petit cœur ? qu’est-ce que vous en faites ?
SUZANNE. — Du sentiment, maintenant ? mais nous parlons raison, voilà qui vous démolit une femme, le cœur. Celles qui vivent de cette herbe-là ont l’air de noyées, à trente ans. Nos malheureuses mères ont été déformées par leur éducation : à la moindre contrariété, crac ! du drame, pas de sang-froid pour deux sous ; les hommes en ont joliment profité ; nous avons un peu plus d’entente, je vous en réponds.
MADELEINE. — Nous saurons nous faire la vie bonne, si je me décide à me marier l’hiver prochain ; vous verrez cela, Novion !
NOVION. — Moi, je suis décidé à vous adorer toujours.
SUZANNE. — Ne contrariez pas votre manie ; allons grimper sur la falaise, venez avec nous, je dirai à Lardinois qu’on peut faire de mauvaises rencontres.
NOVION. — Madame Lardinois sait bien que je donnerais ma vie pour elle.
SUZANNE. — Allons, en avant ! prenez les pliants, au moins il faut que Novion nous serve à quelque chose.
FIN