— Ce sont des gens, ce ne sont pas : mon mari.
— Il n’y a pas besoin de te rappeler que je le suis.
— Ah ! mais si.
— Vois-tu, Lolo, tu as de l’expérience maintenant, il y a des nuances que tu dois comprendre. Quand on épouse une jeune fille on est bien obligé, n’est-ce pas, de se faire une manière d’être… particulière… mais à la longue ce n’est plus nécessaire ; qu’est-ce qu’il y a de plus raisonnable que de prendre gaîment la vie entre mari et femme ; tu as bien soupé chez Didier, pourquoi ne souperais-tu pas avec moi ?
— C’est tout de bon alors ?
— Mais je crois bien, ma petite Lolo ; allons, dis un peu que tu viendras faire la fête avec ton mari.
— Pas avec vous seul, assurément.
— Comment pas avec moi seul, et pourquoi ?
— Parce que je suis une femme qui pense au lendemain.
— Ma jolie Lolo, ne pense à rien du tout, pense seulement à passer un bon moment avec ton mari ; j’ai envie de te voir un grain de folie. J’aimerais tant savoir tout ce qu’il y a dans cette petite tête, — continue Baugé de plus en plus monté, — car je parie que je ne connais pas la moitié de tes pensées.