Et Armand de Vaubonne entre à son tour chez sa femme. Il y fait très bon dans ce cabinet de toilette, le feu y flambe clair, et l’atmosphère est saturée de parfums frais, avec des émanations de savons délicats, de poudres fines, de sachets pénétrants. Vaubonne n’est pas indifférent à ces sortes d’influences ! C’est un assez joli homme, la moustache rousse, épaisse et furieusement retroussée, la tête déjà chauve, l’œil bonasse ; l’homme le plus heureux du monde, puisqu’il est amoureux de sa femme.

— Bigre ! Ludovic laisse de bonnes odeurs derrière lui.

— Qu’est-ce que tu voulais me dire, Armand, quand Ludovic est arrivé ?

Madame de Vaubonne est toujours très occupée à la toilette de ses mains, un doigt délié s’élevant après l’autre. Vaubonne s’est placé le dos au feu ; il regarde sa femme, elle ne le regarde pas.

— Mon Dieu, ma bonne amie, je voulais te parler de nos affaires !

— Voilà qui est bien !

Figure interloquée de l’époux, évidemment surpris de cette approbation inattendue.

— Ah ! bien, tu m’ôtes un poids de l’estomac ; j’avais peur de t’ennuyer.

Et dans l’effervescence de son contentement, Vaubonne avise une chaise basse à cinq pas de sa femme et s’y assied.

— Mais non, nos affaires ne m’ennuient pas ; raconte.