Les petites mains s’abattent sur la table, blanches, rondes, potelées, irréprochables.

— Bien, Chiffon ; pas d’ongle cassé ?

— Non, maman.

Puis d’une petite voix suppliante :

— Un peu de bonne odeur, maman ?

La maman est sans doute d’indulgente humeur, car elle entr’ouvre le col de la robe et verse généreusement de la bonne odeur sur la petite poitrine blanche qu’elle baise ensuite.

— Là, Chiffon, va maintenant dire à papa que je veux lui parler.

Et l’enfant, sans se le faire répéter deux fois, disparaît derrière la portière.

Roseline de Vaubonne a des façons à elle de comprendre l’enseignement maternel ; mais, telle qu’elle l’entend, elle l’exerce consciencieusement. Elle n’a pas désiré d’enfants, au contraire, mais puisqu’elle en a une, faut-il au moins qu’elle sente bon ! Elle a aussi ses notions sur la vie conjugale.

— Papa vient ! annonce une petite voix qui fait retraite aussitôt.