— Entre, Chiffon.

La porte est poussée avec difficulté, et une petite figurine paraît ; elle est habillée d’une robe empire vert pâle, d’un tablier de mousseline blanche noué sous les aisselles par des rubans roses, et ses cheveux très bouffants sont lavés au henné. C’est mademoiselle Sibylle de Vaubonne, personne de quatre ans ; elle approche sa frimousse étonnée.

— Eh bien, Chiffon, comment ça va ? tends ton bec.

La mère et l’enfant s’embrassent. La petite respire sa mère avec une évidente satisfaction, puis commence un dialogue qui est quotidien, mais toujours intéressant.

— Chiffon, veux-tu devenir jolie ?

A quoi la personne ainsi interrogée répond avec décision :

— Oui, maman.

— Alors, arrive.

Et mademoiselle Chiffon, avec la justesse que donne l’habitude, avance la figure vers sa mère, qui, délicatement, mais encore assez fort, lui pince le nez d’abord, puis de ses deux paumes lui aplatit les oreilles ; et pendant ce temps, Chiffon ne bronche pas, quoique l’opération lui soit manifestement désagréable ; mais elle est heureusement déjà pénétrée de la nécessité de faire à la beauté, les sacrifices nécessaires.

— Montre tes pattes, dit encore madame de Vaubonne.