— Comment, c’est pour aller chez Roseline ensuite, que je te mène souper ; ah mais non.

— En ce cas, Didier m’accompagnera.

— C’est un peu fort, je suis pourtant assez gentil pour toi, il me semble ; voyons Lolo, envoie Didier chez Roseline et rentrons tous les deux si tu ne veux pas aller t’amuser.

— Non, mon ami, ce n’est peut-être pas ma vocation de souper en cabinet particulier, ou bien j’ai le champagne triste ; mais j’éprouve absolument le besoin d’aller me distraire à ma manière ; partons-nous ?

— Je n’y vais pas, bien sûr ; mais tu sais, Lolo, pour le coup, tu me donnes le droit de faire tout ce qu’il me plaira.

— Mais je crois bien, mon ami. A notre prochain souper vous me raconterez encore vos succès. Bonsoir.

Et Lolo, très posément, enfile son manteau et disparaît aux yeux ahuris de Baugé.

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IX
CONSIDÉRATIONS MATRIMONIALES

La belle Paule d’Haspre a compris qu’elle devait à ses contemporains de poser pour son portrait : elle veut y paraître belle, non point à la manière des femmes ordinaires, mais s’y révéler une sorte d’incarnation à la fois voluptueuse et spirituelle du charme féminin ; l’ami Didier discourt là-dessus avec une éloquence persuasive, et le Divin demeure de longues heures à la contempler, afin de ciseler des sonnets qui célèbrent dignement les merveilles de sa chair ! Elle-même est d’avis que cette chair est incomparable et mérite les plus rares égards. Aussi, elle passe sans ennui ses journées à mirer ses beaux yeux de violette et à chercher une expression et des attitudes qui la contentent pleinement.