— J’en suis revenu, comme vous voyez. Est-ce que cela vous déplaît de me trouver ici ?

— Je ne veux pas être malhonnête, puisque vous êtes si poli ce soir, mais la vérité est que j’adore être toute seule chez moi.

— C’est bien aussi un peu chez moi, vous conviendrez.

— Il paraît…

— Ma chère Paule, il faut absolument que nous nous expliquions ; je mène depuis quelques mois une vie intolérable.

— Pas par ma faute, au moins ; je ne vous dérange jamais.

— Mais vous avez une manière de comprendre votre rôle d’épouse…

— Je ne le comprends pas du tout ; je vous le disais tout à l’heure, j’adore être toute seule. Quel malheur que nous soyons mariés !

— Il est fâcheux que vous l’envisagiez ainsi ; mais enfin, nous le sommes…

— Nous ne le serons peut-être pas toujours.