—Je l'espère bien.

En attendant d'autres grandeurs, madame de Glouskine, comme femme du doyen du corps diplomatique, prit ce soir-là rang en tête de ses collègues; elle était parfaitement jolie, droite, sérieuse, avec un petit air hautain, habillée d'une robe violet pâle, toute garnie de plumes bleues légères et molles, et dans les mille boucles de ses cheveux blonds de lin, des turquoises qui étaient l'envie des autres femmes.

Leurs Altesses Royales entrèrent; madame de Glouskine fit une profonde révérence qui s'adressait uniquement à la princesse, pendant qu'un demi-sourire, conduit avec art, allait chercher le prince.

La princesse commença son cercle.

—Madame de Glouskine, vous allez bien, j'espère?

—Je remercie Votre Altesse Royale, parfaitement, madame.

—Et M. de Glouskine?

—Mon mari a eu une légère attaque de goutte.

—Est-ce Krankemauss qui le soigne?

—Il ne veut pas voir de médecin.