Madame de Camon.—Comme ça, sous le dais et à la vue des lions couchants?

Dobeliansky.—Parfaitement; il en avait trois ce matin dans son chapeau.

Grani.—Mesdames, je ne nie pas la chose, je profite généralement des cérémonies officielles pour ce petit commerce.

Glouskine.—Pauvres souverains, ils ne connaissent pas les diplomates!

De Bove.—Ils n'ont pas idée de ce que c'est; ils nous prennent au sérieux, ils nous offrent des galas, et pendant «cette imposante cérémonie», l'auguste prince-héritier cligne de l'œil à la marquise: pas vrai, marchesita?

La Marquise.—Tiens, vous avez vu cela, vous? C'était un signe convenu; s'il me trouvait très-bien, il devait fermer l'œil gauche.

De Bove.—Eh! mais il a un joli sentiment des situations, l'auguste prince héritier. Quant à moi, j'ai suggéré à mon chef d'informer le gouvernement que le souverain avait des bottes trop justes; j'ai découvert cela tout de suite; on a le coup d'œil diplomatique ou on ne l'a pas; j'ai proposé aussi de faire mention de la révérence de la république Argentine; ce n'était pas commun, puis c'est une idée; elle s'assied par terre, cette femme; ça la repose.

Dobeliansky.—Non, moi, c'est Fezyl-Pacha que je propose à l'attention de la postérité; la voiture de cet homme-là est un chef-d'œuvre.

Glouskine.—Messieurs, vous troublez la paix de l'Europe, et Lynjoice, qui est présent...

Lynjoice, très-occupé à expliquer à madame de Sonnenbund par quelles combinaisons machiavéliques il est parvenu à tromper l'opinion publique sur son horreur indigène de la soupe à l'oignon, tombe des nues quand on l'interpelle.