Et, laissant la porte entre-bâillée, elle entra.
Rollo était assis près du lit de sa femme qui paraissait assoupie ; il se leva à la vue de sa belle-mère, et, au même moment, la malade ouvrit les yeux :
— C'est Mme de Fontanieu, mon enfant, dit doucement Mme d'Épone.
— Oh! qu'elle entre. Puis appelant sa mère :
— Reste là, maman ; tu m'abandonnes?
— J'étais avec Sabine, ma chérie.
Rollo était allé au devant de la marquise et l'introduisait.
— Bonjour, ma petite ; pourquoi avez-vous tous des figures d'enterrement? Je vais la badigeonner, moi ; montrez-moi votre gosier ; je vous dis de me le montrer ; vous n'avez presque pas de fièvre ; un chaud et froid ; dans huit jours nous partons pour Londres.
— Pour Londres? demanda Berthe, étonnée.
— Oui. Ah! Il ne vous a rien raconté ; je reconnais bien les hommes, pas deux sous de sang-froid. Nous devions partir aujourd'hui, une escapade ; votre maman si bonne gardait Sabine, et moi je laissais mon poulailler sous la garde de Françoise ; une fameuse idée que j'avais eue là, n'est-ce pas, Madame? — se tournant vers Mme d'Épone, — et il faut que vous attrapiez un mal de gorge ; ah! quelle poule mouillée ; mais me voilà toute rassurée. Comme je respecte les terreurs de mon cher et tendre pour sa progéniture, je m'en vais. Madame, je vous défends de descendre avec moi ; restez près de cette princesse ; Rollo me donnera le bras et aura de moi tous les soins que je mérite ; je reviendrai demain. Je ne vous embrasse pas ; mais dépêchez-vous de guérir.