— Oui, mon enfant ; ces choses charmantes, vois-tu, finissent généralement d'une façon tragique ; pour les pauvres femmes, du moins. Voyons, sois franche avec moi : Peux-tu tout raconter à ton mari?
— Oui, je le peux!
— Dieu soit loué, Dieu soit loué! j'ai eu peur. Heureusement que les occasions te manquaient. Je ne te demande pas si tu l'aimes encore, parce que je suis tranquille ; après ce que tu sais, je ne crains plus rien.
— Oh! misérable que je suis, misérable!
— Non, mon enfant ; tu es femme, tu es jeune, et voilà tout ; mais rien n'est perdu ; ton mari t'aime tendrement ; je ne dis pas que ceci ne lui sera pas un peu rude à avaler ; mais je crois qu'il n'a plus rien à craindre. Tu connais le péril maintenant, et pour l'avenir cela vaut mieux. Tu vois que ces folies amènent de vilaines choses.
— J'étais folle, oui, j'étais folle! Oh! il ne me pardonnera pas. Ma Sabine!
— Si, si, il te pardonnera. Seulement, il ne faudra jamais lui donner une minute de jalousie. Il ne te surveillera pas, j'en suis sûre ; il a trop d'honneur et trop d'orgueil.
— Où est-il, que je lui dise? où est-il, que j'aille demander pardon à maman? Je la trouvais triste, et elle est partie si vite, et je n'ai pensé qu'à moi!
— Ton mari est à Angers. Je l'y avais expédié, ne sachant pas trop comment tournerait notre entretien ; mais tu vas te calmer, et je me fais fort de remettre tout à sa place. Va, ma fille ; tu as besoin d'être seule… et moi-même, je ne croyais pas pouvoir éprouver encore un tel bouleversement.
— Et maman?