— Cela, je le comprends ; voyons, Chonchon, laisse M. de Mottelon tourner la tête de son cheval, et nous irons demander à ta maman si elle a des commissions pour Paris.
Assise devant ses livres de compte, Berthe se livrait à des occupations de bonne ménagère ; vêtue d'un long peignoir de percale blanche garni de broderies anglaises et de rubans bleus, elle se disposait à faire sa tournée d'inspection, comme elle en avait chaque matin l'habitude. Aussi fut-elle surprise de voir entrer son mari et Chonchon ; plus surprise encore du message : non, elle n'avait besoin de rien, elle remerciait M. de Mottelon.
— Le verras-tu?
— C'est inutile, salue-le de ma part. Je vais demander à maman si elle a besoin de quelque chose dont il puisse se charger.
Mme d'Épone eut deux ou trois commissions ; comme elle était tout habillée pour le déjeuner, elle se décida à descendre. Ce départ subit l'intriguait. Mottelon fut charmant et correct ; il expliquait très simplement ses raisons :
— J'exécuterai, Madame, vos ordres de point en point et, dès samedi, vous serez servie.
— Vraiment, vous revenez samedi?
— Immanquablement ; je me flatte que mon absence durera suffisamment longtemps. Excusez-moi : je vais passer chez Mme Legay prendre les ordres de Mme de Canillac ; elle serait trop malheureuse si j'y manquais.
— Faites, Monsieur ; au revoir et merci.
Rollo accablait Mottelon de poignées de mains et lui fit des adieux bruyants ; il promit de transmettre tous les hommages de Mottelon et exprima les vifs regrets de Mme de Rollo.