— Ce pauvre Raymond se donne bien du mal! ne put s'empêcher de dire sa belle-mère.
— Mais non, maman ; tu sais, il aime bien les arrivées, et la tienne surtout.
— Cher Raymond!
Mme d'Épone avait pour lui une tendresse presque égale à celle qu'elle portait à sa fille : elle lui était si reconnaissante de réaliser ses rêves pour elle. Aussi, quand il entra, la mine affairée et satisfaite, annonçant que tout était en place, évidemment ravi d'un résultat qui aurait pu être douteux à en juger par sa satisfaction, Mme d'Épone l'appela à elle et, lui prenant les deux mains :
— Je ne vous ai pas encore bien regardé, Raymond ; et, arrêtant sur son visage le regard de ses beaux yeux bruns : Très bonne mine, je suis satisfaite.
— Et de Sabine, ma mère, êtes-vous contente? répondit Raymond en s'emparant de l'enfant et en l'asseyant à son tour sur ses genoux ; et, lui prenant la tête dans sa main droite, il tourna le petit visage en pleine lumière.
— Oui, Raymond, très contente, et de ma chère Berthe aussi. Le Grez est mon paradis, voyez-vous.
— Vous êtes bien bonne, dit Raymond, vraiment ému, trop bonne ; on tâchera que vous soyez heureuse dans votre paradis ; vous savez que nous sommes des gens très gais maintenant. Nos voisins de Lamarie nous ont envahis ; nous avons un tennis ; vous verrez comme je suis beau en costume de tennis ; pas vrai, Chonchon, que papa est beau dans sa veste blanche?
— Oui, dit Chonchon, et M. de Mottelon aussi, et le capitaine aussi.
Dans sa justice, Chonchon tenait à faire la part de chacun ; les parties de tennis étaient sa joie ; on lui permettait d'y assister, et lorsque les balles s'égaraient, c'est elle qui courait les chercher, et comme M. de Mottelon et le capitaine lui prodiguaient plus de remerciements que papa, elle avait un sentiment proportionné de leur mérite.