Et Mme d'Épone le suivit d'un pas ferme dans la chambre de sa fille.
Elle était couchée, le visage tout pâle et suffoquée encore de sanglots intermittents. Sa mère s'approcha, lui mit la main sur le front, et, d'une voix très calme, se tournant vers Rollo :
— Me permettez-vous de l'emmener dans ma chambre? Elle se mettra dans mon lit et, si elle est malade, je veillerai près d'elle : il est inutile que vous passiez la nuit sur pied.
— Mais je ne veux pas la quitter ; on peut aller chercher un médecin.
— Pourquoi faire? Il ne me dira rien que je ne sache parfaitement. Permettez-moi de la soigner à mon idée : elle a été bouleversée ; ceci est la réaction.
Berthe s'était soulevée sur ses oreillers, et soudainement calmée :
— Oui, c'est cela ; de cette façon j'aurai maman près de moi sans la fatiguer.
— Alors, moi, je ne suis bon à rien? dit Raymond, non sans tristesse.
— A rien, mon très cher, répondit gaiement Mme d'Épone ; les hommes ne s'entendent pas à être gardes-malades ; c'est déjà assez de les soigner sans qu'ils s'en mêlent pour leur compte.
Établie dans le lit de sa mère, Berthe tendit la main à son mari :