— Bonsoir, Raymond, ne te tourmente pas.

— Bonsoir, ma femme.

Il se pencha et l'embrassa, et se tournant vers Mme d'Épone :

— Vous me promettez de m'appeler?

— Oui, si elle était malade ; mais elle ne le sera pas. Allez dormir.

Elles restèrent seules. Mme d'Épone s'approcha du lit et prit la main de sa fille :

— Dors, dit-elle d'un ton de commandement.

— Et toi, maman?

— Je dormirai tout à l'heure.

La jeune femme ne répondit pas ; elle continua à tenir cette main qu'elle sentait comme une tendre protection ; elle ferma les yeux, et, ses beaux cheveux cendrés épars sur ses épaules, elle parut, aux yeux de sa mère, comme l'enfant d'autrefois. Et les yeux de cette mère la regardaient, lisant dans son cœur à travers ses paupières fermées.