— Tu ne veux jamais écouter mes conseils.
Elle terminait ce petit discours un soir avant dîner, au moment précis où Roger entrait dans la chambre ; il entendit sa femme répondre d’un ton bref :
— Tu ne m’as donné que trop de conseils, maman.
Madame Mustel commençait à protester, prête à arguer de son infaillibilité ; son gendre l’arrêta :
— Pas de discussion, tante Louise : Gotte n’est pas assez bien.
Il s’approcha de sa femme, ferme, le visage ouvert, et l’embrassa tendrement. Elle était étendue dans un fauteuil, elle ne bougea pas et détourna la tête.
Roger s’assit en face d’elle, la contemplant délibérément ; puis il lui prit le poignet, tâta le pouls, et d’un ton satisfait, délivrant la petite main passive :
— Tout est bien, dit-il : c’est une affaire finie.
— Elle a encore eu une faiblesse tantôt, déclina sèchement madame Mustel, comme une personne qui accomplit son devoir.
Le docteur leva la tête, regarda sa femme.