Les yeux d’Odette brillèrent.

— Vous avez de l’ambition, mademoiselle Odette ? demanda d’Estanger.

— Énormément, monsieur.

Madame Varèze s’approcha, plaça ses mains sur les épaules de sa fille, avança la tête, et toute triomphante dit à d’Estanger :

— N’est-ce pas qu’elle a du talent ?

— Oui, vraiment elle en a.

— On parle du talent de ma petite-fille, dit M. Despasse se levant et, les mains dans les poches de son pantalon, traversant le salon en se dandinant, un peu de l’allure pesante d’un gros pachyderme, — elle en a beaucoup trop ; les femmes, à mon avis, n’ont aucun besoin d’avoir du talent.

— Parce que père croit toujours que le bonheur de la femme dépend de l’homme : il faut s’en rendre indépendante, au contraire.

— Pour quoi faire ?

— Pour vivre sa propre vie.