1o Le poitrail à la naissance du cou.
2o La partie osseuse de l’épaule.
3o La naissance de la trompe.
Ce dernier coup est à éviter, si on n’est pas de face très exactement ; autrement, on risque d’atteindre et d’abîmer la base des défenses. Je ne le conseille du reste qu’aux très bons tireurs, munis d’armes d’une précision et d’un réglage parfaits ; un peu trop haut ou un peu trop bas, il est sans effet utile.
De face et de profil, les parties osseuses correspondant au genou et au jarret peuvent également, faute de mieux, en cas d’urgence, faire l’objet d’un tir efficace.
L’éléphant, comme le rhinocéros, a un excellent odorat. Son ouïe est peu à craindre lorsqu’il marche, à cause du bruit qu’il fait. Sa vue est bonne, mais ses oreilles, dont il s’évente presque constamment, lui cachent souvent les objets. J’ai pu, il y a quelques années, marcher plusieurs minutes sur le flanc d’un troupeau, à soixante mètres, sans en être aperçu.
Le meilleur moyen d’éviter un animal qui charge, à défaut d’arme et de refuge, consiste, avant tout, à sortir de son vent. J’avais l’habitude, autrefois, de toujours repérer, quand je suivais une piste, l’angle de la direction du vent avec l’ombre ; je l’ai négligé, à tort peut-être, dans la suite.
Denis est arrivé le lendemain matin vers huit heures. Il s’est laissé tomber, devant moi, sur le sol, affectant l’épuisement. Puis, saisissant une cuvette qu’on avait préparée là pour ma toilette, il y a trempé des lèvres avides. Cette comédie m’a agacé. Je connais la résistance des noirs. L’étape qu’il venait de faire n’était rien pour lui. Quant à sa prétendue soif, il avait eu en route, et dans mon campement même, avant d’arriver jusqu’à moi, mainte occasion de l’étancher. Comme il commençait une explication, me jugeant suffisamment apitoyé par sa détresse, je l’ai interrompu et congédié sèchement.
Une heure plus tard, je l’ai fait venir et je l’ai questionné, sur le rhinocéros d’abord, puis sur les causes de son retard. Pour le rhinocéros, il était, bien entendu, innocent comme un nouveau-né. Il avait surveillé, vu et constaté avec peine une mort subite, que rien, aucune circonstance extérieure, aucun fait, ne pouvaient expliquer. J’étais déjà fixé sur ce point, et dans le sens contraire.
Pour son absence, il m’a répondu, reproduisant une remarque qu’il m’avait entendu faire, que les gens du pays ne connaissaient pas même le chemin de leurs villages, et que le guide que je lui avais donné l’avait perdu et mené à Singako. Puis, comme une tornade menaçait — celle que j’avais reçue — il y avait passé la nuit.